Stérilet en cuivre : avantages, inconvénients et effets secondaires

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Le stérilet en cuivre (ou DIU au cuivre) est le moyen de contraception le plus utilisé en France selon une étude INSERM/ANRS de 2024. C’est un petit dispositif en forme de T, d’environ 3 cm, inséré dans l’utérus par un professionnel de santé. Il agit sans hormones, reste en place pendant 5 à 10 ans selon les modèles, et affiche une efficacité de 99,2 % en pratique. Pas de comprimé à avaler chaque jour, pas d’oubli possible, pas d’effet sur l’humeur ou la libido. Mais ce n’est pas un dispositif sans contrepartie.

Ce qu’il faut savoir

  • Efficacité : indice de Pearl de 0,6 à 0,8 % (parmi les contraceptions les plus fiables)
  • Sans hormones : pas d’effet sur le cycle naturel, la libido ou l’humeur
  • Effet secondaire principal : 1 femme sur 2 constate des règles plus abondantes et/ou plus douloureuses
  • Prix : environ 30 €, remboursé à 65 %, gratuit pour les moins de 26 ans

Comment le stérilet en cuivre agit-il ?

Le cuivre est spermicide : il réduit la mobilité et la viabilité des spermatozoïdes au contact. La plupart sont neutralisés avant même de pouvoir tenter une fécondation. Le dispositif provoque aussi une inflammation locale de l’endomètre qui rend l’implantation d’un éventuel embryon quasi impossible. Le cuivre modifie aussi la consistance de la glaire cervicale, la rendant plus épaisse et acide, ce qui freine encore davantage la progression des spermatozoïdes.

Triple mécanisme, donc : destruction des spermatozoïdes, modification de la glaire, inflammation de l’endomètre. C’est ce qui explique l’efficacité élevée du dispositif.

Le stérilet en cuivre est efficace dès la pose. Pas besoin d’attendre plusieurs jours ou cycles, contrairement à certaines contraceptions hormonales.

La pose du stérilet en cuivre : à quoi s’attendre

La pose se fait en deux temps. Un premier rendez-vous permet de vérifier l’absence de contre-indications et de déterminer la taille du DIU adaptée à votre utérus (short ou standard). Vous achetez ensuite le stérilet en pharmacie avec l’ordonnance.

Le jour de la pose, le ou la praticienne (gynécologue, sage-femme ou médecin généraliste formé) utilise un spéculum pour accéder au col de l’utérus, puis insère le dispositif à l’aide d’un tube d’insertion. L’intervention dure quelques minutes.

Soyons honnêtes : la pose peut être désagréable à douloureuse. L’intensité varie beaucoup d’une femme à l’autre et dépend aussi de la technique du praticien. La douleur est liée au passage du col utérin, surtout si celui-ci n’a jamais été dilaté (femmes nullipares). Un antidouleur (ibuprofène) pris 2 heures avant le rendez-vous atténue la gêne. Quelques praticiens proposent aussi une anesthésie locale du col.

Après la pose, des crampes dans le bas-ventre et des petits saignements sont normaux pendant quelques jours. Il est recommandé de prendre un moment calme après le rendez-vous et de ne pas porter de tampon dans les 24 heures qui suivent.

Une échographie de contrôle est généralement prévue 4 à 6 semaines après la pose pour vérifier que le DIU est bien en place.

Les avantages concrets du stérilet en cuivre

  • Zéro charge mentale : une fois posé, vous n’avez rien à faire pendant 5 à 10 ans. Pas de comprimé quotidien, pas de patch à changer, pas d’injection à planifier.
  • Sans hormones : le cycle menstruel naturel est préservé. Pas d’effet sur l’humeur, le poids, la libido, l’acné (contrairement à certaines pilules ou au stérilet hormonal).
  • Haute efficacité : l’indice de Pearl est de 0,6 à 0,8 % en théorie, et l’efficacité pratique est quasi identique puisqu’il n’y a pas de risque d’erreur d’utilisation.
  • Réversible : le retrait est simple (en consultation, quelques secondes) et la fertilité revient immédiatement. Pas de délai de « récupération » du cycle.
  • Économique : environ 30 € pour 5 à 10 ans de contraception, remboursé à 65 % par l’Assurance maladie. Gratuit et sans avance de frais pour les moins de 26 ans.
  • Compatible avec l’allaitement : pas de passage hormonal dans le lait maternel.

Les effets secondaires : ce qu’il faut anticiper

Le stérilet en cuivre n’a aucun effet hormonal. Mais il produit une réaction locale dans l’utérus, et cette réaction a des conséquences que beaucoup de femmes ressentent.

Des règles plus abondantes et plus longues

C’est l’effet secondaire le plus fréquent. Environ 1 femme sur 2 portant un DIU au cuivre constate une augmentation du flux menstruel et de la durée des règles. Le cuivre provoque une inflammation de l’endomètre, qui s’épaissit davantage et s’évacue en plus grande quantité. Les caillots de sang sont aussi plus fréquents.

Chez la plupart des femmes, cet effet s’atténue après 3 à 6 mois. Chez certaines, il persiste et peut justifier un retrait si les saignements deviennent invalidants ou entraînent une anémie (carence en fer).

Des crampes menstruelles plus intenses

Les douleurs pendant les règles (dysménorrhées) sont souvent accentuées, surtout les premiers mois. L’utérus réagit à la présence du corps étranger par des contractions plus fortes. L’ibuprofène (anti-inflammatoire) est plus efficace que le paracétamol pour soulager ces crampes, car il agit aussi sur les prostaglandines responsables des contractions utérines.

Des saignements hors règles (spotting)

Des petits saignements entre les règles sont fréquents dans les premiers mois après la pose. Ils correspondent à l’adaptation de l’endomètre à la présence du cuivre. Si ces saignements persistent au-delà de 6 mois, parlez-en à votre médecin.

💡 En pratique

Si vos règles étaient déjà abondantes ou douloureuses avant la pose, le stérilet au cuivre risque d’amplifier le problème. Dans ce cas, le stérilet hormonal (qui réduit les saignements) ou une autre contraception sans hormones peuvent être de meilleures options. Discutez-en avec votre praticien avant de décider.

Les effets secondaires rares mais à connaître

  • Expulsion du DIU : le stérilet peut se déplacer ou être expulsé spontanément, surtout dans les premiers mois. Cela concerne 2 à 10 % des femmes selon les modèles. Vérifiez régulièrement la présence des fils au fond du vagin.
  • Perforation utérine : extrêmement rare (moins de 1 cas sur 1 000 poses), elle survient au moment de l’insertion. Le risque est légèrement plus élevé en post-partum ou chez les femmes allaitantes.
  • Infection pelvienne : un risque légèrement accru existe dans les 20 premiers jours après la pose. Au-delà, le DIU au cuivre n’augmente pas le risque d’infection.
  • Douleurs pendant les rapports : rares. Quand elles existent, elles sont souvent liées à des fils trop longs qui peuvent être recoupés par le praticien.


Les contre-indications

Les contre-indications

Le stérilet en cuivre est accessible à la plupart des femmes, y compris celles qui n’ont jamais eu d’enfant (la HAS le recommande en première intention quel que soit l’âge ou la parité). Mais certaines situations l’excluent :

  • Grossesse en cours
  • Infection génitale active ou datant de moins de 3 mois (salpingite, endométrite)
  • Malformation de l’utérus ou cavité utérine trop petite ou trop grande
  • Fibrome déformant la cavité utérine
  • Cancer du col ou de l’endomètre
  • Saignements vaginaux inexpliqués non diagnostiqués
  • Allergie ou hypersensibilité au cuivre (rare)
  • Maladie de Wilson (trouble du métabolisme du cuivre)

Le retrait du stérilet et le retour à la fertilité

Le retrait est simple et rapide. Votre praticien tire doucement sur les fils lors d’une consultation classique. La plupart des femmes ressentent une gêne brève, comparable à une légère crampe. La fertilité revient immédiatement après le retrait : vous pouvez tomber enceinte dès le cycle suivant.

Après le retrait, certaines femmes constatent un cycle perturbé pendant 1 à 3 mois : règles irrégulières, flux qui change, ovulation décalée. C’est lié à la disparition de l’inflammation locale causée par le cuivre. L’utérus et l’endomètre reprennent leur fonctionnement normal progressivement.

Si votre cycle ne se régularise pas après 3 mois, ou si vous ne retrouvez pas de règles régulières, consultez votre médecin pour vérifier qu’il n’y a pas une autre cause (SOPK, dysfonctionnement thyroïdien, grossesse).

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À propos de l'auteur

auteur

Clotilde, Infirmière

Infirmière diplômée d’État depuis 12 ans, Clotilde a accompagné des centaines de femmes à différentes étapes de leur vie, des premières règles à la ménopause. C’est sur le terrain, au contact de ses patientes, qu’elle a réalisé combien l’information sur les protections menstruelles restait floue, voire taboue. Celisette est sa façon de combler ce manque : des conseils clairs, fiables et bienveillants, accessibles à toutes.